Pour mémoire : incendie de Septembre 1990 en forêt de Paimpont.

Entre le 7 et le 11 septembre 1990, la forêt de Paimpont Brocéliande distante de 20 km de la forêt de Lanouée, prend feu pendant cinq jours. Les pompiers combattent un front de feu de 2 km.
5 pompiers de Vannes seront grièvement brûlés dont 2 évacués par hélicoptère à l’hôpital des grands brûlés de Percy.
Plus de 700 hectares sont détruits par les flammes avant que les canadairs de Marignane ne viennent en renfort aux moyens engagés au sol.

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6 ans plus tôt, en avril 1984, la forêt de Paimpont avait déjà connu un sinistre similaire qui avait nécessité l'intervention de moyens très importants dont des canadairs.

17 éoliennes GÉANTES, une ineptie dans la forêt de LANOUEE : un "scénario incendie" ne relève-t-il pas davantage d'une probabilité que d'une éventualité?

Nombreux sont ceux qui dénoncent et redoutent à juste titre un "scénario catastrophe" avec la mise en service de 17 "allume-feu" potentiels de 180 m de haut dans la forêt de Lanouée ... durant  les 20 à 25 ans d'exploitation.

 

Le croisement de l'ensemble des données du plan Régional "Bretagne" pour la défense des Forêt contre l'incendie permet d'identifier en Bretagne une zone plus particulièrement sensible aux incendies de forêt présentée par le tiers méridional de la région, remontant vers le nord jusqu'au bassin de Ploërmel.

Cette zone correspond entre autre aux régions I.F.N.1-4 (bassin de Rennes et plateau central Est).

Information consultable en ligne sur le site de la Gestion Assistée des Procédures Administratives Relatives aux Risques Naturels et Technologiques (GASPAR)

 

Le risque incendie est identifié dans le massif forestier de Lanouée par la Direction Départementale des Risques Majeurs (DDRM 56) qui précisait en 2005 que "la forêt de Lanouée, massif de 4000 ha et très exposée en raison des caractéristiques de ses peuplements, est actuellement bien protégée* par un maillage moyen de desserte de 30 x30 ha"  

*en 2015, la perspective d'implantation d'un complexe éolien industriel dans cette forêt remet totalement en question cette notion de "protection" pour laisser place à une notion de surexposition au risque incendie.

 

L'histoire de la forêt de Lanouée est ponctuée d'incendies dont 2 sinistres majeurs en 1971 et en 1984.

 Incendies d’éoliennes : risque majeur.

Le préfet de région (avis de l’autorité environnementale du 19-09-2013) 3.5 page 9 indique que les incendies d’éoliennes constituent la seconde catégorie de dysfonctionnement, en termes de fréquences de ces installations.

 

Végétation asséchée en août / septembre

Le Plan Régional pour la Défense des Forêts Contre l’Incendie – Bretagne localise le massif forestier en zone sensible à la sécheresse :

Les contraintes naturelles entraînent des déficits d’évaporation-transpiration estivaux marqués dans les régions forestières du shéma Régional de Gestion Sylvicole : 2, 4p, 5, 6, regroupées dans les régions I.F.N. :

-          région de Rennes et plateau Est

-          le Sud de la Bretagne Ouest

-          la région Bretagne Sud

 

Projection de matière incandescente pendant plusieurs heures.

Le retour d’expérience, montre que les systèmes anti feu intrinsèques à l’éolienne sont mis à mal par le feu lui-même.

Un rotor en feu engendre une consumation des éléments et lubrifiants pendant plusieurs heures.

 

Indice Forêt Météo (IFM) =  fort ou Extrême

Vents forts de secteurs Sud-Ouest / Nord-Est

 

La rose des vents donnée par la station météo de Ploërmel donne les résultats suivants:
La direction des vents dominants proviennent à 35%  du secteur Ouest / Sud-Ouest (provenance  220° à 270°)  
et à 19% du secteur Nord / Nord-Est (provenance 360° à 45°)

 

Le projet situé dans le tiers Sud-Est de la foret se trouve balayé transversalement (N-O / S-E) par les vents dominants et tourbillonnant en été.

Un vent moyen à fort rendrait inévitable et sans solution la propagation d’un feu à la végétation environnante et au reste de la forêt par projection de matières en feu depuis un rotor situé à 130m de hauteur quelque soit l'éolienne concernée.

Engagement de moyens aériens IMPOSSIBLES.

Le préfet de région souligne la problématique engendrée par la hauteur exceptionnelle des machines qui culmineront à près de 200m du sol compromettant l’engagement de moyens aériens de lutte contre l’incendie.

Il est à préciser que si ces machines devaient être érigées en forêt de Lanouée, la zone du projet cerclée d'un périmètre de 1500m sera interdite de survol à l'aviation civile et militaire du fait de la hauteur hors normes des installations.

Circulaire du 12 janvier 2012 relative à l’instruction des projets éoliens par les services de l’aviation civile

 

Approche proscrite de toute éolienne en feu par les pompiers.

Les personnels du SDIS 56 ont pour consigne de rester à distance de toute éolienne en feu compte tenu du risque extrême de projections de matière incandescente, de détachement d’éléments et d’effondrement.

A noter que ces risques sont décuplés par vent fort.

L'état, alors qu'il a été mis en garde, en accordant un tel projet dans de telles conditions, engage clairement sa responsabilité ainsi que la sécurité des colonnes de pompiers et personnels de la sécurité civile susceptibles d'être engagés lors d'un incendie dans cette forêt Bretonne et ce, quel qu’en soit l'origine.

 

Position de la préfecture de VANNES

dans son mémoire en réponse du 17-04-2015 au T.A. de Rennes.

"Il importe de rappeler que le juge administratif ne considère pas qu'un parc éolien présente, à priori, un tel risque (cour administrative de Marseille 07-05-2010; conseil d'état 09-10-2011; cour administrative d'appel de Nantes 07-06-2013)
Le risque invoqué de propagation du feu par l'incendie de la nacelle ne peut donc être sérieusement retenu ne serait-ce que du fait qu'il est invoqué sur le seul mode affirmatif sans être conforté par une argumentation susceptible d'en établir le caractère, si ce n'est certain, à tout le moins probable ou même vraisemblable."

 

Chacun appréciera "l"exercice de style" et la légèreté avec laquelle le défenseur de la préfecture du Morbihan, traite et expédie le risque incendie clairement souligné par le préfet de région et dénoncé par les associations dans ce dossier sensible.

Éléments à retenir :

La propagation du feu est facilitée par le fait qu’il est impossible pour les pompiers d’intervenir à une hauteur aussi importante sans porter atteinte à leur vie (existence d’accidents mortels de personnes en intervention sur une éolienne en feu)

L’implantation de l’éolien en forêt facilite encore la propagation du feu en cas d’incendie, et ce, d’autant que la Forêt de Lanouée est composée de peuplements particulièrement sensibles aux incendies.

En raison de la présence du massif forestier de Lanouée, la commune de Les Forges  est  soumise  au  «risque de feu d’espaces naturelles» dans un contexte attendu de sécheresse dans les années à venir.

Dans son rapport, la DDTM rappelle que:

« La commune des Forges est classée sensible au risque de feu de forêt au titre du Dossier  Départemental  des  Risques  Majeurs  du  Morbihan  (DDRM) ;  la  forêt  de Lanouée a vocation à figurer sur la liste des massifs classés «à risque d’incendie» au  titre  de l’article  L  132-1   du   code   forestier,   sur   proposition   du   Service Départemental d’Analyse et de Couverture des Risques (SDACR).»

«Il faut se rappeler qu’entre 1915 et 1984, plus de 4600 ha (surfaces cumulées détruites par le feu) ont été parcourus par le feu sur les 3800 ha que compte le massif.

Le choix d’implanter le parc éolien sur cette partie de la forêt constitue un risque supplémentaire, difficilement quantifiable, de départ de feu, dans un contexte attendu de sécheresses plus fréquentes.

Après  la  rupture  de  pales,  l’incendie  représente  la  2ème  cause  des  incidents recensés sur des parcs éoliens dans le monde sur la période 2000-2012»

Dans le cas de feux d’importance majeure comme la Bretagne en a connu par le passé (sur le massif de Paimpont en particulier) le recours à des moyens aériens de lutte serait compromis du fait de la présence d’aérogénérateurs culminant à près de 200 mètres de hauteur, souligne le préfet de région.

Tel qu’il est conçu, le projet ne permet pas d’assurer la sécurité contre les risques incendies, bien au contraire il est de nature à augmenter les risques de déclenchement de feu et de propagation à l’ensemble du massif forestier.